Test éclair d’Ubuntu Phone sur Nexus 4

Utilisateur fervent d’Ubuntu depuis 2009, et même si cette distribution n’est pas un modèle de stabilité – loin s’en faut – j’étais particulièrement pressé de pouvoir l’installer en lieu et place d’Android. En effet, Android est quand même blindé de mouchards et de traqueurs Google, ce qui n’est pas sans poser de nombreux problèmes de confidentialité, surtout avec toutes les applications qui récupèrent on ne sait quelles infos depuis le système, en arrière-plan.

Ubuntu Touch, pour moi, c’est la possibilité d’avoir un système d’exploitation mobile plus transparent, et entièrement contrôlé par… moi. Ainsi, j’aimerais notamment pouvoir installer des applications en mode Sandbox, c’est à dire en les empêchant de récupérer des informations du système et en simulant des fausses entrées à la place (par exemple, une géolocalisation factice choisie à la main, plutôt qu’une géolocalisation temps réel qui équivaut à un mouchard, ou un carnet d’adresses vide).

Bref, j’ai donc testé Ubuntu 15.04 béta pour téléphone. L’installation est quand même rapide et facile, avec le tutoriel de Canonical (en anglais).

Côté utilisation, on retrouve les fonctions de base auxquelles on peut s’attendre. Ubuntu Touch introduit cependant des paradigmes d’utilisation différents basés sur des bords actifs (les coins et les côtés de l’écran font apparaître le tableau de bord, les fenêtres ouvertes, etc.) plutôt que sur des boutons qui prennent de l’espace écran comme sur Android. J’aime beaucoup cette approche de Unity qui consiste à libérer la place pour le contenu, en faisant apparaître les barres d’outils sur demande.

La migration est relativement indolore puisque la synchronisation au niveau du système avec vos comptes Google, Facebook, Flickr, Evernote, etc. permet notamment de récupérer votre carnet d’adresses et le contenu de votre Google Drive.

On regrettera toutefois de ne pas pouvoir crypter le support de stockage, et de ne pas disposer d’un système plus similaire à la version PC (qui est ce qui m’intéresse en premier lieu). Ainsi, on est toujours cantonné au système d’applications fournies sur le Magasin Ubuntu One. Pas possible d’installer un bon vieux .deb, c’est un peu débile. Et parlons en des applications… Si toutes les web apps sont disponibles (vous trouverez tout pour vos réseaux sociaux et Cie), pas moyen de trouver ne serait-ce qu’un client email en dehors de Gmail. À quand Thunderbird dans mon téléphone, nom d’une pipe ?

Le truc sympa, quand même, c’est la console unix disponible directement avec le système. Mais sinon, peu d’options de personnalisation de l’interface.

Côté performances, ça rame un poil, rien d’excessif, mais la saisie tactile est tout de même moins réactive que sous Android.

J’ai fini par réinstaller Android, pour une raison simple : j’ai besoin de pouvoir commander mon réflex à distance par wifi, et l’application Nikon n’est pas disponible sur Ubuntu.

J’aimerais croire qu’un système d’exploitation desktop sera un jour disponible sur téléphone, mais à voir l’évolution des systèmes d’exploitation, ce serait plutôt les applications qui s’inviteraient sur Desktop. Pour le commun des mortels, qui n’utilise l’informatique que pour se connecter à Facebook et à Youtube, ça n’est pas très grave. Pour ceux qui travaillent avec l’informatique, ça serait une sacrée régression.

J’aimerais bien pouvoir hacker et administrer mon téléphone comme je l’entends…

2016-10-14T18:23:54+00:003 mars 2015|Catégories : GNU/Linux etc.|Mots-clés : , , , |Commentaires fermés sur Test éclair d’Ubuntu Phone sur Nexus 4

À propos de l'auteur :

J'écris parce que ça m'aide à réfléchir. Je publie pour que ça serve. Spécialiste calcul et modélisation thermodynamique chez Cellier Domesticus. Photographe. Pianiste. Développeur spécialisé en Python pour le calcul et la modélisation. Auteur de bouquins et de blog sur les sciences et la technologie. Expériences précédentes dans la fonction publique territoriale, les moteurs électriques industriels, les voitures solaires en fibre de carbone et le non-sens académique (maths sup, DUT).
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