De l’avantage de Linux sur Windows et Mac OS

Comment présenter Linux précisément, sans rentrer dans l’intégrisme du Libre ?

Avertissement : Cet article s’adresse à des utilisateurs débutants et confirmés de l’outil informatique, non à des utilisateurs avancés et ultra-pointus. Que ces derniers me pardonnent par avance quelques simplifications ou raccourcis faciles.

Aspects techniques

Qu’est-ce que Linux ?

Linux est un système d’exploitation, au même titre que Windows ou Mac OS X. Il appartient à la famille UNIX, grande concurrente de MS-DOS, à laquelle appartiennent également BSD, Solaris, et même Mac OS X.

En quoi consiste un système d’exploitation ? Lorsque vous achetez un ordinateur, vous disposez d’un assemblage de composants matériels (disque dur, carte réseau, processeur, RAM, lecteur DVD, etc. ). En l’état, l’ordinateur n’est pas utilisable. Il faut installer par dessus un système d’exploitation, qui est un ensemble de programmes informatiques de base permettant :

  • aux composants matériels de communiquer entre eux,
  • à l’utilisateur d’ouvrir une session et d’utiliser son matériel,
  • à l’ordinateur d’utiliser des périphériques (clavier, souris, imprimante, micro, webcam, etc. ).

La plupart d’entre vous n’auront jamais vu un ordinateur vierge de tout système d’exploitation, puisque 99 % des machines vendues ont Windows pré-installé et facturé sans qu’on leur ait demandé leur avis (ce qui constitue un cas de vente liée, théoriquement interdit en France et dans le reste de l’Europe).

Linux n’existe pas seul

Si vous cherchez à installer Linux seul, vous aurez des problèmes à le trouver, et ce n’est même pas souhaitable. Linux est en fait disponible sous forme d’une multitude de distributions. Une distribution Linux, c’est :

  • Le noyau Linux,
  • Un environnement graphique (qui fournit le bureau, sinon tout est en ligne de commande – Citons par exemple Gnome, KDE, Cinnamon, Xfce),
  • Une sélection de logiciels, de pilotes et d’utilitaires préinstallés (traitement de texte, gestionnaire de connexion réseau, client mail etc.).

Chaque distribution s’adresse à un public ciblé :

Même si toutes les distributions s’appuyent sur le même noyau, elles ont chacune leurs spécificités, leur philosophie et leurs priorités (utilisabilité vs robustesse, optimisation des ressources vs effets graphiques). Pour l’utilisateur lambda, c’est surtout l’ampleur de la communauté (plus il y a d’utilisateurs, plus vous trouverez d’aide sur les forums), la facilité d’utilisation et la fréquence des mises à jour qui feront la différence.

Une liste complète de toutes les distributions plus ou moins faciles à installer est disponible ici : CCM.

Aspects idéologiques

Brève histoire de Linux

Linux est né dans les années 1990 de la fusion entre l’environnement GNU de Richard Stallman et le noyau de Linus Torvalds. Tandis que le premier cherchait à remplacer les systèmes d’exploitations propriétaires de l’époque (devenant de plus en plus chers et contraignants) tout en créant un système totalement ouvert, le second cherchait à perfectionner sa compréhension de son ordinateur. Le système d’exploitation communautaire GNU/Linux sort en 1992, bientôt rejoint par une importante communauté de programmers et d’entreprises. (source et compléments).

Linux, système libre

Un logiciel libre est un logiciel dont l’utilisation, l’étude, la modification et la duplication en vue de sa diffusion sont permises, techniquement et légalement. Ceci afin de garantir certaines libertés induites, dont le contrôle du programme par l’utilisateur et la possibilité de partage entre individus. (source et détails)

Savez-vous comment on créé un logiciel ?

  1. Le programmeur écrit un code source (un fichier texte rempli de ligne de commandes en Anglais) .
  2. Le code est passé dans un compilateur (une sorte de moulinette informatique) pour le traduire en langage machine (binaire) et en faire un exécutable.
  3. On lance l’exécutable, et bim ! le logiciel tourne.

Concrètement, dans le monde propriétaire (Windows, Mac), quand vous achetez un logiciel, vous achetez un fichier exécutable, et vous n’avez jamais accès à son code source, qui reste secret de fabrication pour protéger l’entreprise de ses concurrents. En gros, vous avez une boîte noire : vous savez ce qui entre dedans, vous savez ce qui en sort, mais entre les deux, vous ne connaissez pas les technologies employées (qui sont sur-brevetées). Cette approche du logiciel date seulement des années 1990 : par exemple, les premiers Macintosh étaient fournis avec un manuel complet incluant les codes sources.

Dans le monde libre, vous téléchargez l’exécutable, mais vous avez accès au code source, que vous pouvez :

  • analyser et auditer,
  • étudier,
  • corriger,
  • modifier,
  • redistribuer.

En dehors du fait que le Libre ouvre des possibilités illimitées en terme de création et d’innovation (le programmeur peut appuyer son travail sur un programme déjà existant, et donc gagner du temps), la publication du code source permet à n’importe qui :

  • de vérifier l’absence de code malicieux dans le programme (virus, logiciels espions, portes dérobées…)
  • d’étudier la fiabilité du code (failles de sécurité),
  • de corriger le cas échéant les failles.

Qui finance Linux ?

Tout travail mérite salaire. Comment développer un système d’exploitation (et ses logiciels associés) qui n’est pas vendu ?

Il faut d’abord comprendre que le logiciel libre est l’application informatique des théories communistes. Le Libre repose sur la communauté. On trouve donc d’abord un certain nombre de programmeurs bénévoles, qui développent sur leur temps libre.

Mais la part la plus importante est effectuée par des sociétés privées et des mécènes. En effet, le Libre a permis à bon nombre de sociétés de la bulle internet (Google, Free, Facebook, Twitter, etc.) de percer sans investissement initial majeur. Derrière 1 site web sur 3 se trouve un serveur sous Linux (source), avec des logiciels libres dedans, incluant celui où vous vous trouvez, en raison des faibles coûts engendrés et de la robustesse des systèmes.

Google, dont la puissance est fondée sur Linux et ses logiciels (Android n’est qu’un Linux modifié), finance des développeurs pour participer au développement du noyau. Sun (avant d’être racheté par Oracle) vivait de ses processeurs à architecture spéciale, tout en développant gracieusement la suite bureautique OpenOffice.

D’un autre côté, certaines entreprises vivent de Linux, non pas en vendant leurs logiciels mais en vendant leurs services autour de ces logiciels (support, installation, etc. ). Il est également possible de faire seulement de l’open-source (identique au Libre, mais payant) en vendant un logiciel avec son code source, avec une licence particulière interdisant notamment la redistribution.

Parfois, certaines sociétés, comprenant leurs intérêts communs, développent ensemble des outils open-source, comme EDF et le CEA qui financent le logiciel de Conception Assistée et de simulation par Ordinateur Salomé.

La philosophie du Libre

Vous l’aurez donc compris, le Libre n’est pas seulement une alternative gratuite au logiciel commercial. Il vise à donner à chacun la possibilité de comprendre le fonctionnement de son système et de ses logiciels, de les modifier, et de choisir les programmes qu’il souhaite utiliser. Par là, il cherche à simplifier la création de logiciels par n’importe qui, donc à favoriser l’innovation informatique.

Le Libre veut donner à chacun la maîtrise de son ordinateur, à la différence du monde commercial qui, sous prétexte que « L’utilisateur veut un système joli et fonctionnel », dissimule tous ses protocoles dans des boîtes noires et interdit certaines manipulations à l’utilisateur.

Linux ne bride rien, n’empêche rien, ne limite rien. Ses seules limites sont la puissance du matériel et l’inventivité de ses développeurs.

Aspects pratiques

Tout cela est bien beau, mais arrivé ici, vous vous demandez vraisemblablement pourquoi vous utiliseriez Linux plutôt que votre système actuel et propriétaire… Car après tout, vous voulez simplement un système qui marche.

Linux ≠ Geek

Ôtez-vous tout de suite cette idée de la tête : Linux n’est plus destiné aux seuls geeks, même si les barbus le préfèrent pour des raison principalement idéologiques. Mes grands-parents de 71 et 70 ans utilisent chaque jour Ubuntu pour naviguer sur Internet, envoyer des mails ou même taper du courrier, alors qu’ils n’avaient jamais utilisé un ordinateur il y a encore 3 ans.

Certaines distributions (voir plus haut) ont même pour ambition de rendre Linux accessible à tous, sans avoir à manipuler de lignes de commandes. Je peux vous dire que les dernières versions d’Ubuntu sont bien plus faciles à utiliser que les derniers Windows…

Linux = Léger

Un système d’exploitation Linux occupe une place plus faible sur un disque dur qu’un Windows, par exemple. Pour Windows 7, prévoyez 20-25 Go de disque, rien que pour le système d’exploitation. Avec Ubuntu 12.04, 5-7 Go suffisent.

De même, en terme de mémoire vive et de temps processeur, Linux est beaucoup moins gourmand. Sur un DELL Vostro (processeur Intel i3, 4 Go de RAM), Windows 7 utilise seul (après simple démarrage) entre 15 et 20 % de la puissance du processeur, contre 2 % pour Ubuntu. Ceci a un impact non négligeable sur la durée d’utilisation de la batterie (donc la consommation électrique). Ceci signifie également qu’un ordinateur paraîtra « plus puissant » sous Linux que sous Windows, étant donné que toute la puissance consommée par le seul système d’exploitation est de la puissance indisponible pour les applications que vous lancez.

Pour achever de vous convaincre, il n’y a qu’à chronométrer le démarrage de Linux et le démarrage de Windows… Sans commentaire.

Linux = gratuit, ouvert et illimité

L’intérêt principal de Linux réside dans la multitude d’applications disponibles pour effectuer une tâche. Admettons que vous cherchiez un super navigateur web : vous ouvrez le gestionnaire d’applications de votre distribution Linux, vous faite une recherche de navigateurs. Vous en trouverez alors une quinzaine, tous gratuits, et testés par la communauté (donc compatibles avec votre système et sécurisés), que vous pourrez installer en un clic. Vous n’aurez qu’à choisir votre préféré, après les avoir tous testés…

Ensuite, la plupart des logiciels libres sont inter-opérables : il peuvent agir les uns avec les autres (étant donnés que leurs protocoles sont ouverts). Le navigateur communique avec le logiciel de messagerie, tout comme le traitement de texte, et votre carnet d’adresse peut aussi bien contenir des adresses mails que des identifiants de messagerie instantanée…

Gardez le contrôle

Ce que j’aime le plus avec Linux, c’est qu’il ne fait rien dans mon dos. Il n’y a pas d’automatismes qui tournent en arrière-plan sans me demander mon avis, et mon ordinateur ne me prends pas en otage pour que je le redémarre après les mises à jour.

Linux est un système d’exploitation de la machine par l’Homme, et non l’inverse. Le fait que tout soit transparent dans le code rassure également sur la confidentialité du système : aucune donnée, aucune statistique, aucune information personnelle n’est envoyée de votre ordinateur vers un société quelconque. En cas de doute, un simple coup d’oeil dans le code source le confirmera (et il se trouvera toujours quelqu’un pour le vérifier).

Paramétrable à souhait

Vous pouvez utiliser votre distribution telle quelle, après son installation. Cela vous donnera certainement satisaction. Mais si vous êtes comme moi, que vous aimez passer 2H à tout règler au millimètre pour gagner ensuite un temps considérable, Linux vous permet de tout paramètrer et régler à votre convenance : affichage du bureau, couleurs, polices, raccourcis clavier, icônes… Tout comme vous pourrez dégager les applications qui ne vous servent pas, les effets graphiques, etc. Si vous voulez un bureau top design, c’est possible (un grand nombre de thèmes existent), mais si vous voulez le minimum pour optimiser votre machine (garder la puissance pour les applications et optimiser pour économiser place et batterie), c’est possible également.

Pour cette raison, je ne pourrais plus retourner sur Windows. C’est fou le nombre de choses sur lesquelles on n’a pas la main sur ce foutu système ! En fait, on ne peut pratiquement rien personnaliser, en dehors du fond d’écran et de la couleur des fenêtres. Vous voulez le menu « Démarrer » en haut, une barre des tâches à gauche, et juste les applications les plus fréquentes dans le menu ? Pas possible (à moins de vraiment le vouloir). Sous Linux, en revanche, tout est possible.

Débuggable

Les bugs et le problèmes existent sous Linux comme sous Windows. Mais par expérience, un Linux est plus facile à déplanter qu’un Windows. Pourquoi ?

  • Linux est abondamment documenté sur le web : les problèmes courants sont déjà référencés, avec leur solution.
  • Les systèmes de diagnostic sont plus accessibles sous Linux : un système où tout est ouvert est plus simple à analyser.
  • Dans les cas extrêmes, Linux permet l’édition à la main des fichiers de configuration.

Et de l’autre côté :

  • Le centre de solution Windows ne sert (vraiment) à rien, mais ne possède pas d’alternative sérieuse pour régler ses problèmes à la main.
  • La plupart des problèmes sous Windows se règlent par un formatage et une réinstallation du système (cf les forums d’aide).
  • Un système où tout est automatisé en arrière-plan est forcément source de bugs plus fréquents (sans que l’utilisateur comprenne pourquoi, puisqu’il ne sait pas ce qui se passe dans sa machine).

Le Libre, choix d’avenir

Les maux du monde propriétaire sont principalement de deux ordres :

Premièrement, les éditeurs de logiciels payants ont tendance à développer leurs propres formats et protocoles propriétaires, que ce soit des formats d’image (jpg), de musique (MP3, WMA, AAC), de livres numériques, des protocoles de télécommunication (Skype) etc. Ces formats ne sont pas documentés, et leur utilisation est soumise à l’accord du détenteur des droits (qui se sert au passage). Dans le cas des protocoles, leur non publication empêche l’interopérabilité, à moins de se farcir la rétro-ingénierie en amont. Pour Skype, par exemple, il est impossible d’utiliser un autre logiciel que celui fournit par la société pour communiquer avec ses contacts. Oui, mais si le logiciel ne me convient pas ? Et ben c’est pareil.

Deuxièmement, le système propriétaire est prisonnier de l’état d’esprit insufflé par son guru (Steve Jobs et consorts) : la navigation doit se dérouler de telle manière, l’utilisateur ne doit pas effectuer plus d’un certain nombre d’opérations avant de trouver ce qu’il cherche… En conséquence, pas moyen de faire autrement (ou difficilement), même si cet « autrement » aurait été plus adapté à vos besoins à vous, car les options ne sont pas disponibles dans le système.

Le Libre donne une solution à ces deux problèmes, en proposant une réponse à long terme : les protocoles et les formats sont tous ouverts et documentés, et il existe un grand nombre de programmes différents pour faire la même chose. Vous avez le choix.

Même lorsque Mark Shuttleworth décide qu’Ubuntu proposera l’interface Unity par défaut, Gnome Shell, Gnome Panel, KDE ou Xfce sont toujours disponibles et compatibles.

Le Libre à l’ère post Snowden

Les révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden sur l’espionnage de masse orchestré par la NSA au nom de la lutte anti-terroriste ne peuvent que forcer à la méfiance vis à vis des fournisseurs de services et de logiciels dont le code est fermé et qui sont plus ou moins en collaboration avec la NSA. En effet, de nombreuses portes dérobées ont été découvertes dans des routeurs Cisco, dans les firmwares de plusieurs disques durs (Samsung, Hitachi, Toshiba, Seagate, Western Digital), dans le système d’exploitation Windows, et on peut raisonnablement suspecter leur existence dans toutes sortes de logiciels.

Une porte dérobée est à l’informatique ce que la trappe de maintenance est à la machinerie d’un ascenceur : un accès privé pour les techniciens qui doivent réparer. Ces portes dérobées permettent donc officiellement aux équipes techniques de pouvoir contrôler un ordinateur à distance, pour faire des mises à jour notamment, et d’accéder aux fichiers logs (les journaux système) afin de recueillir des « informations anonymes destinées à améliorer la qualité des services » (selon la formule consacrée).

Mais il y a 3 problèmes principaux à ceci :

  1. Microsoft se sert des portes dérobées pour installer de force et sans demander l’autorisation de l’utilisateur des mises à jour sur Windows 10,
  2. Rien ne garantie que l’utilisation des portes dérobées se limite à des données techniques car, une fois la porte ouverte, il est techniquement possible d’accéder à toutes les données (contacts, emails, mots de passe, etc.) ainsi que d’installer toutes sortes de logiciels malveillants et espions (keyloggers),
  3. Rien ne garantie que le fournisseur du logiciel soit le seul à pouvoir utiliser la porte dérobée, et c’est donc aussi les gouvernements et autres pirates qui peuvent accéder clandestinement à vos données personnels.

L’utilisation de logiciels propriétaires se base donc sur une confiance aveugle dans l’honnêteté de l’éditeur de logiciel, dont on découvre presque chaque semaine l’ampleur des trahisons.

Le Libre prend le contrepied de cette approche puisque :

  1. les développeurs de logiciels libres n’ont pas d’intérêt économique à vous faire utiliser leurs logiciels,
  2. une grosse proportion de développeurs libres militent aussi pour les libertés numériques et la protection de la vie privée,
  3. le code libre est public et auditable par la communauté.

Les couacs de Linux

Pour être tout à fait honnête, il faut bien admettre que certaines choses ne sont pas encore au top sous Linux, mais c’est la faute des autres…

Les pilotes

Un pilote (ou driver) est un programme qui permet au système d’exploitation de dialoguer avec le matériel (imprimante, caméra, carte wifi etc.) en lui décrivant l’architecture du matériel et les protocoles qu’il utilise.

Et bien figurez-vous que certains fabricants de matériel refusent simplement de développer des pilotes pour autre chose que Windows et Mac, ou s’ils les développent, ils ne les mettent jamais à jour. C’est donc à la communauté de développer des pilotes libres.

Il arrive donc parfois qu’une imprimante dernier cri, ou que le dernier MacBook Retina ne soient pas compatibles tout de suite avec Linux. Tout comme certaines architectures.

Pour la technologie Optimus de nVidia (deux processeurs graphiques utilisés au besoin, de façon à optimiser la consommation par rapport aux performances demandées), nVidia a carrément annoncé qu’elle ne développerait rien pour Linux parce que… la flemme quoi ! Heureusement, la communauté a développé Bumblebee qui permet aujourd’hui de supporter au mieux ces architectures.

Bref, sous Linux, avant d’acheter du matériel, il est toujours bon de se renseigner pour savoir s’il fonctionne bien avec votre système (et sinon, s’il faut juste bidouiller ou carrément laisser tomber). Et s’il ne fonctionne pas tout de suite, quelques mois d’attente suffisent le plus souvent.

La compatibilité

Vos logiciels Windows ne vous serviront plus sous Linux. Il est possible, grâce à Wine, de les faire fonctionner moyennant des bidouillages parfois très lourds, mais vous trouverez dans la plupart des cas un équivalent Linux de vos logiciels préférés, voire parfois une version conçues pour Linux de logiciels que vous utilisez déjà sous Windows.

Là où ça se corse (même si ça s’améliore progressivement), c’est sur la reconnaissance des formats de fichiers. Les formats de fichiers Microsoft Office sont depuis longtemps reconnus sous Linux. L’inverse est vrai seulement depuis Office 2007. Dans tous les cas, les passages de l’un à l’autre génèrent régulièrement des problèmes d’affichage (notamment parce que les jeux de polices installés sont différents).

De même, les formats musicaux .WMA sont assez souvent mal reconnus sous Linux.

Donc pour résumer :

  • Vous pourrez presque toujours utiliser vos fichiers créés sous W avec Linux, parfois avec quelques problèmes mineurs.
  • Vous pourrez dans certains cas utiliser vos fichiers créés avec Linux sous W.

Encore une fois, si le monde propriétaire se souciait un peu plus de prendre en charge les formats libres (qui sont, eux, respectueux des standards ISO), on n’en serait pas là…

Le problème de Linux

En conclusion de cette partie, le principal problème de Linux est qu’il représente moins de 1% du marché mondial des ordinateurs personnels, et que ça n’intéresse que peu les éditeurs de jeux vidéos et les fabricants de matériel. Encore que, avec le portage en cours de Steam sous Linux (qui, au passage, fonctionne mieux que sous Windows), ça risque de changer…

Conclusion

Vous pouvez choisir Linux par conviction. Personnellement, au début, je m’en fichais. Je voulais un système gratuit pour dégager Windows Vista, point. C’est petit à petit que j’ai découvert la puissance de ce système, et, par opposition, tout ce que le monde propriétaire ne permet pas. Aujourd’hui, je n’en changerais plus, de même que presque tous ceux à qui je l’ai installé.

Et je comprends mieux la philosophie du Libre en voyant la façon dont Apple et Microsoft évoluent. Linux est beaucoup plus humain dans son approche de la relation homme/machine. Il ne vous interdit rien, il n’est pas restrictif. Vous l’utilisez comme vous voulez. Quitte à y mettre une pagaille monstre, soyons clairs (même si vous serez prévenus dans la plupart des cas que ce que vous vous apprêtez à faire est dangereux).

Alors, prêt à vous lancer ? Le site du Zéro propose un excellent tutoriel pour installer et débuter sous Linux Ubuntu. Par ici »

2016-10-14T18:24:02+00:00 29 août 2012|Catégories : GNU/Linux etc.|9 Commentaires

À propos de l'auteur :

Collaborateur Recherche & Développement, spécialiste calcul et modélisation thermodynamique chez Cellier Domesticus. Photographe. Pianiste. Développeur libriste, spécialisé en Python pour le calcul et la modélisation. Expériences précédentes dans la fonction publique territoriale (Conseil Régional Rhônes-Alpes), les moteurs électriques industriels (General Electric) et les voitures solaires en fibre de carbone (Esteban). Technicien sup. en mesures physiques, étudiant ingénieur en mécanique/mécatronique. Une journée passée sans créer est une journée perdue.

9 Commentaires

  1. Zigma12 8 janvier 2016 à 13 h 50 min

    Citation : « Concrêtement, dans le monde propriétaire (Windows, Mac), quand vous achetez un logiciel, vous […] avez une boîte noire : vous savez ce qui entre dedans, vous savez ce qui en sort, mais entre les deux, vous ne connaissez pas les technologies employées »

    Malheureusement, on ne sait pas exactement tout ce qui rentre et tout ce qui sort… cf Windows 10, pour le cas le plus typique, qui foule au pied la notion fondamentale de vie privée.

    • Aurélien 8 janvier 2016 à 20 h 01 min

      Effectivement. Cet article a été écrit il y a plusieurs années, le problème ne se posait pas encore de cette façon à l’époque.

  2. Plarrat 14 janvier 2016 à 7 h 01 min

    je voudrais échapper aux pieuvres qui nous entourent .
    Je vais commencer à 76 ans une nouvelle pratique .
    merci d’avance . 14-01-16

  3. big B 16 janvier 2016 à 10 h 12 min

    A L article ←Qui finance Linux ?

    Google, dont la puissance est fondée sur Linux etc etc
    ca donne pas envie ,? ou je n’ai pas saisi ce que cela veut dire .
    mci..

    • Aurélien 20 janvier 2016 à 11 h 28 min

      Google a pu démarrer son activité en se basant sur des technologies & logiciels libres : Linux pour ses serveurs, Linux encore comme base à Android, MySQL, PHP… Ça leur a permis de se lancer très vite, en misant uniquement sur leur matière grise, puisque toute l’infrastructure était déjà disponible et modifiable au besoin : pas besoin de réinventer la roue.

      Depuis, en particulier via des opérations comme le Google Summer of Code, ils paient des développeurs pour travailler sur Linux ou sur des projets libres associés (Gimp, notamment).

      Ce qui ne signifie pas pour autant que Linux est l’outil des basses oeuvres de Google, puisque les modifications proposées par leurs développeurs sont auditées comme les autres. De même que Google n’est pas le seul à participer à Linux : IBM, Intel, Sun, etc. ont tous quelques développeurs qui travaillent sur le noyau. Cependant, chaque commit est approuvé par Linus Torvald, son créateur.

  4. novix 22 février 2016 à 10 h 34 min

    J’aimerais demander une petite précision quand même, quand vous dites « Linux est un système d’exploitation, au même titre que Windows ou Mac OS X » vous parlez plutôt de GNU Linux? (et donc en effet plus précisément de distrib GNU Linux telles que Debian ou autre…) Car Linux en soit n’est finalement pas qu’un noyau qu’utilise GNU Linux? Du coup parler de Linux comme un OS serait donc un abus de langage, car que peut on dire de Debian GNU Hurd qui ne tourne pas sous Linux pour le coup… alors qu’en soit, c’est une Debian.. Est ce que Debian est toujours une « distrib Linux » dans ce cas là? Et que pourrais t’on dire d’un windows qui tournerait avec un noyau Linux (projet coLinux par exemple) serait ce un « Linux » ou un « Windows »? Peut on aussi dire d’Android que c’est un Linux? Dans la mesure ou ce n’est pas un GNU Linux, et que son noyau est une base Linux certes, mais modifiée?

    Bref je comprend le désir de simplifier tout ça en parlant de « linux » de façon globale pour mettre tout ça dans des cases « Windows / Mac / Linux et basta, c’est simple… », mais au bout d’un moment quand on parle de « Linux », c’est vrai qu’on sait plus bien de quoi on parle.

    • Aurélien 22 février 2016 à 23 h 54 min

      En effet, je comprends votre souci de précision mais − comme précisé en début d’article − je m’adresse ici à des gens pour qui la fine différence entre noyau et OS relève de l’acharnement de spécialiste.

      Donc j’applique le même abus de language que la plupart des sites et forums libres pour qui « Linux » = une distribution GNU/Linux. En général on précise « noyau Linux » quand on se réfère spécifiquement à cette partie du système. En pratique, très peu de gens approcheront de toute façon le noyau Linux en dehors d’une distribution GNU ou Android.

      Après, pour des cas comme coLinux ou Debian Hurd, on tombe dans des sous-catégories tellement spécifiques qu’elles touchent quelques centaines d’utilisateurs (avancés) seulement. Encore une fois, je comprends le souhait d’une taxinomie rigoureuse, mais c’est un peu excessif dans le cadre qui nous concerne. L’idée ici est de présenter surtout les différences entre les familles d’OS.

  5. Sergio 26 février 2016 à 12 h 59 min

    Pour moi, désolé de vous contredire, mais linux = geek.
    Je suis en train de tester Ubuntu 14.04, et je suis franchement déçu.
    Linux est peut être bien fait pour faire du traitement de texte, écouter de la musique, mais si on recherche des logiciels spécialisés, Windows prend nettement le dessus : un simple clic sur un fichier .exe suffit à installer un logiciel, alors que pour Ubuntu, il faut souvent passer par la ligne de commande (à moins d’installer ce logiciel avec le « Ubuntu Software Center », et d’accepter d’avoir une version datant de l’antéchrist).

    • Aurélien 26 février 2016 à 17 h 01 min

      C’est parce que vous n’avez pas encore trouvé vos marques et probablement pas compris la logique du système.

      Windows prend nettement le dessus : un simple clic sur un fichier .exe suffit à installer un logiciel

      et à foutre la merde dans votre système en introduisant virus et logiciels espions. L’idée dans Linux c’est de gérer des paquets de façon centralisée, en gérant également les dépendances entre paquets et éventuellement en permettant à plusieurs paquets de partager des dépendances (typiquement : des librairies). De cette façon, on assure la cohérence du système et on réduit les risques de conflits entre logiciels.

      De plus, l’approche par sources et dépôts logiciels est plus sécurisée puisque les dépôts sont signés (permettant d’assurer la traçabilité de ce que vous installez) et permettent des mises à jour automatiques.

      à moins d’installer ce logiciel avec le « Ubuntu Software Center », et d’accepter d’avoir une version datant de l’antéchrist

      Ubuntu 14.04 est une version LTS, donc à stabilité renforcée (dédiée aux environnements professionnels) datant de 2014 (comme son nom l’indique). Les paquets présents dans les dépôts sont testés et garantis fonctionnels avec une distribution de 2014, il est donc normal que les versions des logiciels soient à l’avenant. Si vous vouliez des logiciels en dernière version, il fallait installer Ubuntu 15.10 ou passer par des PPA, avec les risques de stabilité que ça implique.

      Soit vous voulez les dernières mises à jour, soit vous voulez un système stable. À vous de décider et de choisir le produit adapté. Mais de ce que je comprends, vous avez fait le mauvais choix.

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